Dévastée, chamboulée, où j'en suis vraiment ?

Publié le par secrets-inavouables

Lundi :

Je vais devoir passer chez lui récupérer deux trois objets dont j’ai besoin. Déjà, je vais devoir l’appeler, fixer rendez-vous. Je ne peux pas le voir seule. C’est au-dessus de mes forces.

Alors, on s’envoie des texto. Plus facile par texto, aucune émotion ne peut transparaître.

Rendez-vous fixé le jour où il y a toute sa petite famille. C’est mieux ainsi.

Aujourd’hui, samedi :

J’arrive donc cet après-midi. Je suis pressée, de toute façon. J’embrasse sa femme, sa grande fille. Je ne vois pas la plus petite. Elle fait peut-être la sieste.

On prépare deux trois trucs dans le hall de son appart. Mais pour les plus gros, il faut descendre dans le box. Je redoute un peu. Tous les deux, dans ce petit box. Heureusement, ce n’est pas le soir, on y voit clair. Trop clair en fait. Je ne vois que lui. Oubliées déjà sa femme et sa fille. Oubliés mon mari, mon fils, le bébé que je porte dans mon ventre.

Cela faisait plus d’un mois que je ne l’avais pas vu. Et là, il est devant moi, il me sourit, il me parle. J’ai l’impression de me noyer quand je le regarde.

Je le regarde. Avidement. Comme quelqu’un qui n’a pas bu depuis des jours et qui voit un verre d’eau. Comme un enfant qui n’a pas droit au sucre qui verrais un gros gâteau. Comme une femme mariée, enceinte, qui regarde un homme qu’elle espérait oublier.

Il ne s’est jamais rien passé, entre nous. Même nos messages, parfois un tout petit peu ambiguë mais pas trop, n’ont jamais été bien loin. Pourtant…

 

Pourquoi je chavire comme ça ? Je n’en peux plus. Il faut que je te dise.

« On attend un heureux événement ! ».

Je n’arrive pas à vraiment sourire. La première chose qui sort de ma bouche après ça, c’est :

« C’est arrivé vite, mais on est heureux hein ».

Comme si je devais me justifier. De quoi ? Pourquoi ?

Quelle a été ta réaction ? J’ai essayé de guetter, mais je n’arrive  jamais à savoir ce que tu penses, ce que tu ressens. Tu m’as félicité. Normal. Es-tu vraiment heureux pour moi ? Et moi, suis-je vraiment heureuse ?

J’étais pressée, il fallait que je parte. Vite. Ne plus te voir. Déjà.

Dans ma voiture, j’ai fondu en larmes. Pendant au moins les trois quart du trajet, j’ai pleuré. Comme une madeleine. Tout n’était pas vraiment à cause de tout ça. J’avais eu une grosse altercation avec un des membres de mon équipe le matin même, et je suis déjà très émotive, alors enceinte, c’est décuplé, toujours.

Mais là. Je pensais à toi. Ais je bien pris la bonne décision en gardant cet enfant ? Jamais tu ne quitteras ta femme, n’est-ce pas ? Jamais il ne se passera rien entre nous.

Nos échanges me manquent. Nos mails parfois un peu moins « sages », qui ne disaient pourtant rien ouvertement. Qui pouvaient à la limite éventuellement laisser supposer. C’est là je pense le problème. Trop libres d’interprétation. J’ai rêvé à des choses qui n’existaient peut être pas. A tes sentiments que j’ai cru parfois aimants envers moi. Ce n’était peut-être pas le cas.

Beaucoup de peut-être dans cet article aujourd’hui. Trop. Je ne sais pas où j’en suis. J’étais sûre de moi pourtant.

J’ai beaucoup hésité. Que faire de ce fœtus ? En fait, non, je n’ai pas hésité pour savoir si je gardais cet enfant ou non. Je savais que je le gardais. J’ai hésité pour savoir si je partais de chez moi ou non. Si je restais avec Lui. Puis, j’ai décidé que la meilleure solution, actuellement, compte tenu du contexte compliqué, c’était de rester avec lui. Je ne crois pas que c’est par amour. Je crois plutôt que j’ai pris cette décision par praticité.

Je lui ai posé un ultimatum. Il fallait qu’il change. Mais il ne changera pas. Il est comme ça, rien n’y fera. Il m’aime d’un amour aveugle. Il ne se rend même pas compte quand ça ne va pas entre lui et moi.
Aucune relation sexuelle. Les seules relations qu’on a eues, c’était au moment où je pensais le plus fort à Mr X. Y compris pendant l’acte. C’est si cruel. Pourtant, je le dis sans méchanceté. En fait, c’est plutôt pathétique. Je ne suis pas heureuse. Je ne suis pas fière de tout ça. Ce serait plutôt le contraire.

Je suis malheureuse.

Et ces relations, finalement, elles ont conduit à quoi ? A un bébé, entre Lui et moi, alors que moi, je pensais à Mr X.

Et je dois revoir Mr X lundi. Cette fois, on sera seuls, j’amène mon fils, mais il est encore en âge de faire la sieste. Bien sûr qu’il ne se passera rien. Il ne s’est jamais rien passé, ce n’est pas maintenant qu’il va se passer quelque chose. Surtout pas maintenant, je me l’interdirais.

Et puis, encore une fois, je n’ai jamais su ce que Mr pense vraiment de moi.

Mais on va se revoir. J’y pense. Je ne pense plus qu’à ça, déjà. Le revoir, l’entendre. L’écouter parler. J’adore l’écouter parler. Est-ce que c’est parce qu’il n’y a aucune communication entre mon mari et moi justement ? Mais sa voix et si calme. Comme un baume pour moi.

Je ne pense plus qu’à lui. C’est foutu. De toutes les façons, chaque fois que je le vois, je mets une semaine à m’en remettre. Pour ça que je me noie dans quinze mille activités. Pour ne pas penser.

Je le revois lundi…

Publié dans Mon âme

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